Notre bon La Fontaine, en des temps si lointains Qu’ils pourraient bien passer pour antédiluviens Avait conté le sort d’un riche financier, Plus triste que celui d’un pauvre savetier : Le second dormait comme un loir Quand le premier broyait du noir. L’un chantait comme un rossignol Quand l’autre comptait son pactole. Les temps ont bien changé, les lois de la Finance Ont fini par donner aux savetiers leur chance. Le descendant du financier Se conduisit en héritier : Il plaça son actif avec taux d’intérêt Et ne songea jamais à contracter un prêt. Il géra sa fortune avec tant de prudence Qu’il renonça bien vite aux rêves d’opulence. Le descendant du savetier N’avait pas d’or dans son soulier : Mesquin était l’apport, dérisoire la mise ! Mais il avait le goût de l’entreprise ! Vous n’allez pas vous endetter ! Protesta son voisin l’héritier, Vous y perdrez, foi d’animal L’intérêt et le capital ! Appelons-le François ou Bernard ou Martin, Notre homme se gaussa des conseils du voisin. Il acquit un actif rapportant à l’année Dix pour cent de la somme totale engagée. Pour ce faire, emprunta fort judicieusement Quatre vingt dix pour cent au taux de six pour cent. Pour calculer le bénéfice Modestement le fabuliste Laisse compter l’économiste Résolument capitaliste Mais il ne saurait point, Esope libéral Economiser la morale ! Elle sera empruntée sans le moindre intérêt A Edouard Stern qui fut moraliste et banquier : Le seul argent qu’on a gagné est celui qu’on a dépensé.
Pour commenter cette article, vous devez vous identifier ou créer un compte
L'Allemagne va-t-elle sortir de la zone euro ?
Oui Non NSP